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Portr’haie : Un regard et une action favorisant la parole des habitants sur le devenir des paysages du Bocage dans la vallée de la Sée

vendredi 23 novembre 2018

Le projet Portr’haie est né de l’expérience de travail qui s’est nouée entre le photographe Stéphane Janou, initiateur du collectif artistique Le Labomylette, et La Loure. Après la réalisation d’expos communes (Chanteurs et musiciens du Bocage – Carnet de terrain, en 2006, et Cotentin Mémoire en chansons, en 2015), l’idée a germé de développer une nouvelle expérience commune.

Au cœur de ce nouveau projet : les mutations du paysage de Bocage

Le paysage du Bocage et la haie sont au cœur de différents enjeux très contemporains, qui touchent aussi bien aux questions d’aménagement, d’environnement, de tourisme ou de culture – au sens anthropologique du terme – dans la mesure où le paysage façonne les identités et les relations des habitants entre eux.

Au cœur de profondes mutations, avec pour principal facteur l’intensification de l’agriculture, le paysage du Bocage est aujourd’hui interrogé. Que faire de ce paysage hérité de l’histoire ? La puissance publique doit-elle intervenir pour sauvegarder des éléments de ce paysage ? À quel titre et dans quelle visée ?

Pour nourrir ce débat, Le Labomylette et La Loure se sont associés pour proposer leur dispositif de médiation. Fortes de leurs solides expériences de terrain, les deux associations mettent en commun leurs savoir-faire en croisant regard photographique et enquête orale pour recueillir l’expression des habitants du territoire et ouvrir un débat citoyen permettant d’envisager le devenir du paysage.

Portr’haie : les modalités d’action

Une enquête de terrain auprès des habitants

L’enquête de terrain, tant orale que photographique, a démarré depuis la rentrée de septembre sur tout le territoire de la Vallée de la Sée. Elle porte aussi bien sur les usages anciens liés aux haies (entretien, exploitation…) que leur évolution. Sont ainsi rencontrées des personnes qui ont eu à connaître des mutations du paysage : personnes âgées qui peuvent témoigner des pratiques anciennes, responsables agricoles qui ont été des acteurs du remembrement, exploitants actuels sur la façon dont ils envisagent le paysage, habitants sur leur perception de ces évolutions et leurs attentes quant au paysage…

Une exposition progressive de la collecte dans l’espace public

Photos et textes issus des enquêtes sont exposés tout au long de la vallée sur des colonnes implantées respectivement à Sourdeval, Brécey, Avranches et Saint-Léonard / Vains. L’exposition est évolutive avec l’affichage, chaque mois, de nouvelles photos et de nouveaux témoignages, procédant ainsi à la manière d’un feuilleton qui vient renouveler l’intérêt des habitants. Ces colonnes, implantées par trois, au cœur des bourgs ou dans des espaces très visités (l’écomusée de la Baie du Mont-Saint-Michel à Saint-Léonard), deviennent donc des lieux de convergence et d’échange !

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Les colonnes d’exposition à Brécey

Ce dispositif de colonnes est complété par des photographies panoramiques de paysages, implantées dans l’espace public tout au long de la vallée, depuis la source de la Sée à Chaulieu jusqu’à son embouchure dans la Baie du Mont-Saint-Michel à Vains. Au nombre de 7 elles tournent chaque mois, là aussi pour renouveler l’attention des habitants, touristes, passants…

Les Veill’haies : des moments de convergences entre habitants

Au-delà de l’exposition progressive des photos et des paroles sur le territoire, des temps de rencontres avec les habitants vont rythmer l’opération. Ce sont notamment les Veill’haies. Organisées dans des endroits différents de la vallée, elles proposent un véritable spectacle avec une création musicale associée à une projection audiovisuelle du travail accompli sur le territoire. Elles sont suivies également d’un échange-débat avec les habitants Ce faisant, elles contribuent à tisser le fil entre les différents lieux d’expositions et donnent l’occasion aux habitants de dégager le sens de cette action, de prendre conscience de la communauté de destin qui leur permet, localement, de faire société. Tout aussi fondamental, ces Veill’haies, par le partage d’une diversité de paroles et de points de vue, ambitionnent de favoriser l’échange, permettre la compréhension de l’autre dans ses idées et ainsi d’ouvrir des chemins pour envisager l’avenir du paysage sur nos territoires.

Il s’agit bien ici d’inviter les habitants à dépasser le simple plaisir de se voir dans une exposition, pour encourager une expérience et la mise en place d’un récit collectif, celui des habitants du territoire.

Les Soup’haies : des rencontres de proximité pour favoriser l’échange et nourrir la collecte

Les Soup’haies vont se mettre progressivement en place au cours du projet. Là encore conçus pour favoriser la participation et l’expression de toutes les catégories de population du territoire (agriculteurs, non agriculteurs…), ces rendez-vous de proximité vont s’instaurer, de manière conviviale, à l’échelle de quelques communes, accueillies chez l’habitant ou dans un lieu public. S’appuyant sur des personnes relais dans les différents points de la vallée de la Sée, ils vont s’échelonner au fil de l’opération.

Les Randonnées chant’haies : des déambulations à la découverte du Bocage

S’appuyant sur l’expérience de La Loure, qui conduit régulièrement des randonnées chantées, ces rendez-vous associent la dimension musicale avec une balade menée en chansons (au rythme des répertoires traditionnels recueillis en Normandie par La Loure) et une découverte du bocage avec des haltes au cours desquelles le paysage vous sera expliqué sous des angles variés : historique, géographique, naturaliste…

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Vue du bocage à Cuves

Portr’haie dans le bassin versant de la Sée - Le choix d’un territoire spécifique d’action

La vallée de la Sée présente l’intérêt de relier l’amont et l’aval de l’une des plus grandes agglomérations rurales de France : l’agglo Mont-Saint-Michel Normandie, un des principaux partenaires de l’opération. Elle est aussi représentative de la diversité des paysages de bocage, des talus couverts de hêtres sur les hautes terres du Mortainais jusqu’aux futaies de châtaigniers ou de coudriers plus en aval. Elle est enfin le témoin d’états différents de dégradation/disparition des haies avec des zones de relative préservation et d’autres plus touchées par les arasements successifs.

Portr’haie : un ensemble de partenaires associés

Portr’haie a reçu le soutien des collectivités du territoire :

  • Agglomération Mont Saint-Michel-Normandie
  • Villes d’Avranches, de Brécey et de Sourdeval
  • Communes de Vains, Tirepied, Juvigny-les-Vallées, Cuves, Chaulieu

Elle bénéficie également du concours financier de :

  • la DRAC Normandie – appel à projet Territoires ruraux – Territoires de culture
  • la Région Normandie – appel à projet Innovation pour le développement durable

Elle est soutenue également par les entreprises locales au titre du mécénat :

  • Point P Normandie
  • LTP Loisel
  • James 1840
  • Trap Gallier
  • In extenso
  • Super U Brécey

Elle a enfin obtenu le prix Initiative du Crédit Agricole Normandie.

Portr’haie : suivez l’actualité du projet sur Facebook

Une page Facebook spécifique a été ouverte pour suivre les avancées du projet : nouveaux affichages, présentation de photos et de textes issus des collectes… Inscrivez vous !
https://www.facebook.com/pages/category/Event/PortrHaie-1909276049153996/

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